La petite histoire du granola

Les origines du granola remontent aux années 1860, à un époque où les spas et centres d’hydrothérapies étaient très populaires. C’est alors que le Dr. James C. Jackson de New York, fervent défenseur d’une saine alimentation, proposait ce qu’il appelait du «granula» à ses patients (oui, granula avec un «u» !). Il s’agissait d’une pâte de farine Graham étalée en fines couches sur des plaques et cuites au four.

Quelques années plus tard, c’était au Dr. John H. Kellogg, alors médecin et directeur d’un sanatorium américain, d’essayer différentes recettes de céréales afin d’aider ses patients aux prises avec des problèmes de santé liés à une diète riche en viande et pauvre en fibres. Il ne s’est pas gêné d’appeler sa recette «granula» également, ce qui n’a évidemment pas plu au Dr. Jackson. Pour éviter un procès, Dr. Kellogg a dû trouver un autre nom. Visiblement il ne s’est pas trop cassé la tête !

Dr. Kellogg a cependant vite perdu l’intérêt pour les céréales et son granola n’a jamais été un succès commercial. C’est Charles W. Post, un ancien patient du Dr. Kellogg qui y voyait un potentiel d’affaires et qui a commencé à commercialiser une recette revisitée sous la forme des célèbres céréales Grape Nuts. Ce ne fut que plus tard que Dr. Kellogg a flairé la bonne affaire et a fondé en 1902 la compagnie Kellogg avec son frère pour commercialiser les Cornflakes.

Évidemment aujourd’hui la plupart des céréales à déjeuner n’ont plus rien à avoir avec la variété d’origine, et je suis sûre que Dr. Kellogg se retournerait dans sa tombe s’il savait que la grande majorité des céréales retrouvées dans les épiceries sont tout sauf santé avec leur teneur élevée en sucres, en gras et en ingrédients artificiels !

La consommation de céréales a explosé après la 2e guerre mondiale à cause du «baby-boom». Le sucre, très populaire auprès des enfants, est alors devenu le principal argument de vente. À titre d’exemple, en 1953 Kellogg a lancé les Sugar Smacks qui contenaient alors 56 % de sucre … L’apparition simultanée de la publicité télévisée durant cette période a permis le développement florissant de cette industrie.

Dans les années 1960 le développement du marché des aliments naturels a permis de redorer l’image des céréales en revenant à une version plus santé, faite à partir de grains entiers. Ces céréales étaient devenues très populaires auprès du mouvement hippie sous le nom de «granola». Il s’agissait de mélanges de grains, de noix et/ou de fruits séchés, cuits au four en présence de sucre ou de miel pour rehausser leur saveur et obtenir une texture croustillante.

Aujourd’hui le granola ne porte plus l’étiquette de nourriture hippie. En effet, à cause de sa connotation santé, toutes les grandes marques commerciales proposent désormais leur variante afin de regagner le cœur des consommateurs qui, depuis plusieurs années, sont de plus en plus nombreux à bouder l’allée des céréales.

Mais attention, ne vous fiez pas aux publicités ou aux inscriptions accroche-l’œil et lisez attentivement la liste des ingrédients et les informations nutritives. Beaucoup de variétés affichent une liste d’ingrédients complexes et bien souvent inutiles et contiennent toujours une grande quantité de sucres ajoutés (raffinés notamment), de mauvais gras (p.ex. de l’huile de palme modifiée), et ne tiennent finalement pas leurs promesses de santé. À ce sujet, je vous invite à regarder un reportage très éclairant à l’émission L’Épicerie de Radio Canada.

Que vous soyez hippie dans l’âme – un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout,  un granola de qualité représente une option intéressante pour fournir à votre corps l’énergie et les nutriments dont il a besoin pour démarrer la journée du bon pied ou encore pour combler une petite ou grande faim ! On l’apprécie le plus souvent avec du yogourt, du lait (animal ou végétal), des fruits ou tel quel comme collation. Les Foodies de ce monde en agrémentent leurs bols de smoothies, en garnissent leurs salades estivales ou en décorent leurs tartines matinales … Les variantes sont infinies ! À vous de trouver la vôtre !

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